Chers lecteurs,
C'est aujourd'hui que Gabrielle a débuté son stage. Il faut dire que ce moment était attendu avec une certaine appréhension. C'est bien normal, qui n'est pas anxieux à sa première journée de travail ou d'école? Rassurez-vous, tout a très bien été. Les francophiles des deux classes avec lesquelles Gabrielle est jumelée étaient absolument ravis d'avoir en leur sein une authentique Canadienne d'expression française d'Amérique du Nord. La France est bien sûr le principal point de référence dans l'apprentissage du français hors-Québec (et même au Québec?). Il est donc intéressant pour ces personnes de réaliser que la francophonie est aussi présente sur leur propre continent, bien que la majorité d'entre eux soient déjà bien au courant.
Dans une discussion où il était question de gastronomie française, Gabrielle s'est fait demander quelles sont les spécialités québécoises. Elle a hésité un instant en pensant à la poutine et au pâté chinois (devrait-on vraiment être fiers de ces deux plats mous?), et finalement, elle a expliqué que notre cuisine traditionnelle est surtout constituée de viandes sauvages, de plats mijotés (ragoût, tourtière), de patates pilées et de carottes. Même en réfléchissant, j'avoue que j'ai de la difficulté à expliquer précisément de quoi est constituée notre cuisine québécoise. Devrais-je mieux connaître ma culture avant de tenter d'en découvrir d'autres?
L'après-midi de cette journée devait donner lieu à une seconde première, commune à nous deux cette fois. À 14h00 nous avions notre premier cours d'espagnol, dans le même édifice où Gabrielle effectue son stage. Faux départ. Le cours introductif a été annulé pour une raison obscure, puisque nos maigres connaissances en espagnol ne nous ont pas permis de bien comprendre l'explication de la responsable.
Avec ce temps libre inattendu, nous avons décidé d'aller à la découverte de la célèbre ligne A du métro de Buenos Aires. Le réseau de métro de Buenos Aires comprend 8 lignes, qui convergent presque toutes au centre de la ville. Le métro n'est donc pas un moyen de transport efficace pour se déplacer en périphérie à partir de la périphérie puisqu'il faut souvent aller au centre pour changer de ligne (il faut plutôt utiliser l'autobus pour ce type de déplacements). Le nombre total de stations est comparable à celui du métro de Montréal, ce qui est plutôt surprenant pour une ville de plus de 10 millions d'habitants. Par contre, plusieurs projets d'agrandissement sont en cours ou sur le point de débuter. Le coût du billet est de 1,10 pesos (30 cents), un vrai bargain! On peut acheter une carte magnétique et y transférer de l'argent. Après plusieurs essais infructueux, nous avons finalement été capables de mettre la main ces fameuses cartes.
La ligne A du métro de Buenos Aires a été construite en 1913, ce qui en fait la plus ancienne d'Amérique du Sud (et de l'hémisphère sud). L'intérêt de cette ligne est que les trains d'origine y roulent toujours. L'intérieur des wagons est entièrement en bois (qui dégage une odeur très agréable), et on y retrouve plusieurs éléments décoratifs d'une autre époque. Dans le train de tête, on peut voir vers l'avant, comme si nous étions le chauffeur. Le trajet est cahoteux (c'est normal, ces trains ont près de 100 ans). Certaines portes s'ouvrent ou se ferment bien avant l'arrêt ou le départ. L'intensité de l'éclairage varie au moindre soubresaut, ce qui donne aussi une ambiance spéciale. Gabrielle a bien résumé notre trajet: «c'est un mélange entre le Monstre et la Maison hantée à la Ronde». Par contre, les vieux trains de la ligne A seront bientôt remplacés, lorsque la construction de deux nouvelles stations sera complétée d'ici quelques mois. Les trains du Métro de Montréal, qui sont parmi les plus vieux au monde vont-ils aussi atteindre 100 ans d'âge? J'espère que oui!
Notre station de métro: Malabia
Ciao à tous,




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