Affichage des articles dont le libellé est Buenos Aires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Buenos Aires. Afficher tous les articles

jeudi 19 août 2010

¡Hasta la vista, amigos!

Hola amigos,

"Rien n'est plus épuisant que l'omniprésence d'une tâche inachevée"
(Psychologie de la solitude, de Gérard Macqueron, Odile Jacob)

C'est avec cette citation que je tiens à introduire ce message, qui sera d'ailleurs le dernier de ce blog de voyage. Depuis maintenant près d'un mois que nous sommes revenus dans notre confortable appartement du quartier Sain-Jean-Baptiste à Québec. Je vous jure que durant tout ce temps, le parachèvement de mon blog me pesait très lourd sur la conscience, d'où la citation. Il y a belle lurette que j'avais entamé la rédaction de ce billet, mais je n'avais jamais pris le temps nécessaire pour le terminer complètement. C'est donc en ce dimanche après-midi du mois de septembre que je me suis finalement décidé à terminer mon œuvre (qui appartient aussi à Gabrielle). Ce billet remonte à loin. C'est pourquoi il est plus long qu'à l'habitude. Heureusement, j'avais le journal de bord de Gabrielle qui décrivait dans le détail chacune de nos journées. Je m'excuse sincèrement à vous, chers lecteurs, de vous avoir délaissé pour nos dernières semaines en Argentine. J'espère que ce message saura rattraper le temps perdu. Alors bonne lecture!

[...]

Après notre périple en Bolivie, nous sommes revenus sur nos pas, via un bus de nuit. Nous sommes passés par Salta sans réclamer 200$, seulement pour y prendre un autre bus en direction de la ville de Cafayate, à quelques 200km plus au sud. Notre séjour au nord nous avait habitué à de beaux paysages mais cette fois, le décor était véritablement magnifique. À l'intérieur du bus, c'était tout le contraire, car nous avons eu droit à une horreur audio-visuelle dénommée retro-party 4. Pendant plus d'une heure, des vieux tubes des années 80 agrémentés d'exécrables vidéoclips nous ont empoisonné la vie. C'était la deuxième fois que cette compagnie de bus (FlechaBus) nous faisait le coup. Si vous allez en Argentine, soyez vigilants!

En arrivant à Cafayate

Après cette période de "voyagement" très intense (20h de bus en 36h), nous souhaitions trouver un endroit paisible pour passer quelques jours. Nous avons donc monté notre camp dans la cour arrière d'une jolie auberge de jeunesse à l'entrée de la ville. Cafayate est une ville de moins de 2000 habitants où la principale activité économique est la production de vin. En fait, c'est la deuxième région viticole du pays, après Mendoza et ses fameux Malbecs. Cafayate se spécialise plutôt dans les vins blancs, avec le cépage Torrontés. Aussi, c'est dans la région que se trouve le vignoble le plus haut au monde (+- 1500m d'altitude).

Vignes sèches et montagnes à Cafayate

Cour de l'auberge de jeunesse

Vous devinerez donc que les touristes se rendant dans cette région se consacrent à la visite de bodegas (vignobles). Par chance, plusieurs sont situées dans la ville même, ou à distance de marche, ce qui rend la visite plus facile. Le lendemain de notre arrivée, nous avons donc entrepris notre pèlerinage vinicole.
La première bodega fut la moins intéressante. Il fallait faire son chemin à travers un monton de touristes pour accéder à la table des dégustations et ensuite, il fallait attirer l'attention des employés. Vin ordinaire, mais au moins nous avons eu droit à des petits cubes de fromage.
Notre seconde visite fut à la bodega El transito. Dès notre arrivée, lorsque nous nous sommes déclarés Québécois, un des propriétaires est tout de suite venu vers nous. Il nous a dit, non sans fierté, que deux de ses vins venaient tout juste de remporter des prix à un concours de vin dans la ville de Québec, qui serait le troisième en importance au monde (!). Par la suite, visite rapide des lieux, questions stupides de notre part et bonne dégustation, salud!

Bodega Nanni

De l'autre côté de la rue, la bodega Nanni fut notre troisième arrêt. Il s'agit du seul établissement disant produire un vin biologique dans la région. Ainsi, aucun pesticide n'est utilisé durant la fertilisation et une quantité minimale (!) de produits chimiques entrent dans la fabrication du vin. Cette fois, la dégustation coûte 5 pesos, mais ce montant est déduit de la facture si nous achetons un produit. Finalement, nous avons conclu notre journée par la visite d'une fromagerie artisanale non loin de la ville.

Chèvres à fromage

Le lendemain, nous voulions découvrir un peu les alentours de la ville. Nous avions remarqué qu'une bière inconnue, nommée la Burro était en vente dans les environs. Las des bodegas, nous avons choisi de partir à la découverte de cette brasserie artisanale située dans une ville à environ 20km de Cafayate. Nous louons donc un vélo-tandem pour parcourir la distance, sur une route sinueuse, à travers les vignes. Après près d'une heure trente de dur labeur sur notre vieille bécane, nous arrivons finalement en vue de l'endroit, qui avait pour principale caractéristique d'être très désert. Nous nous dirigeons vers l'arrière, où il semblait y avoir un pique-nique. À notre arrivée, les deux seuls caucasiens du groupe s'approchent de nous. Ce sont les propriétaires, des français. Ils nous font vite comprendre qu'ils sont en pleine célébration de la Pachamama, et que nous sommes mieux de faire demi-tour. Décidément, quelle empathie ces cousins français!

Le tour de tandem vers notre excursion ratée à la brasserie

Le lendemain, nous repartons sur la route en direction de Tucuman. Nous tentons/tendons le pouce en dépit du fait que le Lonely Planet spécifie clairement que la zone où nous nous trouvons n'est pas très clémente pour les voyageurs de notre type. Après quelques dizaines de minutes d'attente infructueuse, nous prenons une petite pause pour visiter la bodega Etchart, qui nous offre une faste dégustation de pas moins de 4 vinos, gratos!

Bodega Etchart

Réservoirs à vin

De retour sur le bord de la route, légèrement éméchés, le pouce ne fonctionne pas plus. En plus, un homme quelque peu désagréable s'est joint à nous et tente également de faire du pouce, non sans nous donner l'impression de nous voler nos potentiels "lifts". Finalement, après plusieurs heures, nous nous voyons contraints de prendre le dernier bus en direction de Tucuman. 1-0 pour le Lonely.
À ce stade du voyage, nous réalisons que le facteur temps ne nous permettra pas d'aller jusque dans la région de Mendoza, à quelques 1000 km plus au sud. C'est une déception, car c'est un endroit dont nous avions beaucoup entendu parler, et qui est un peu un symbole de l'Argentine. Tant pis, ce sera pour un autre voyage...
Après une nuit passée avec les gitans dans le camping municipal gratos de Tucuman, nous mettons donc le cap sur Córdoba, deuxième plus grande ville du pays. Cette fois notre moyen de transport privilégié fonctionne beaucoup mieux, mais la malchance nous guette toujours. Après quelques dizaines de minutes d'attente aux portes de la ville de Simoca, un homme déguisé en militaire nous aborde. Il nous offre deux places dans sa Renault 80 (donc plus âgée que moi...). Après 45 minutes de route (donc pas beaucoup de distance à une vitesse de 60km/h), le bon vieux "flat" nous fait le coup. Après réparations, notre conducteur insiste pour arrêter à la gomeria la plus proche. Une gomeria (et non comeria - casse-croûte - , comme je le pensais au début), c'est une sorte de garage où les automobilistes/camionneurs peuvent s'arrêter pour faire des réparations mineures sur leur véhicule. Ces endroits sont très abondants aux abords des routes argentines, ce qui en dit long sur l'état général des véhicules.
Bref, nous n'avons pas vraiment compris pourquoi notre conducteur tenait absolument à faire réparer sa roue de secours. D'ailleurs, il y avait pas moins de 3 pneus dans le coffre arrière. Nous avons donc perdu beaucoup de temps. Finalement, Oscar le militaire nous a déposé aux abords de la ville de Recreo, à environ 200km de notre objectif.
Le reste du voyage s'est déroulé sans embûches. Un gentil trucker nous attrape le lendemain matin pour nous faire faire les kilomètres restants avec en prime un lunch au truck stop!

Attente, attente...

Ermelindo le camionneur émérite

À Córdoba, nous passons la première nuit dans ce qui fut de loin la chambre la plus crasse qu'il nous ait été donnée de voir (et surtout de fréquenter). Murs tapissés de crottes de nez, robinet coulant par terre dans un coin de la chambre et travesties comme voisines, nous avons vite fait de trouver un autre endroit pour nous loger la nuit suivante. Nous n'avions pas pensé utiliser Couchsurfing en arrivant, mais nous nous sommes vite ravisés et avons déménagés nos quartiers vers l'appartement de Samuel qui nous a gentiment hébergé durant 3 nuits. Ce «pied à terre» nous a permis de visiter le 4e et dernier parc national argentin de notre voyage: le Parque Nacional Quebrada del Condorito. À cet, endroit, nous avons pu observer de véritables Condors, mais de très loin. Par contre, sur le chemin du retour, nous sommes arrêtés à une halte routière où nous avons pu observer un véritable Condor empaillé, mais de très proche. C'était amplement suffisant pour nous.
Córdoba, la deuxième plus grande ville d'Argentine, a été construite les Jésuites. D'ailleurs, leur marque est bien présente dans le centre-ville, où l'on retrouve plusieurs magnifiques bâtiments (églises, cathédrales, crypte, université) dont le tout (sauf la crypte, parce que le toit a été démoli par la ville au début du siècle) a été classé patrimoine mondial de l'UNESCO. Décidément, les Jésuites ont beaucoup fait pour le patrimoine architectural et culturel de l'Argentine. Une autre visite marquante dans cette ville a été celle du plus gros Tenedor Libre (Buffet chinois) du pays où nous nous sommes remplis la panse jusqu'à n'en plus pouvoir marcher.


Catédrale de Córdoba, qui fait face à la place principale


Théâtre de Córdoba


Parque Nacional Quebrada del Condorito


Pause couple au Parque Nacional Quebrada del Condorito


Glace matinale sur notre tente au Parque Nacional Quebrada del Condorito

Puis, une fois notre visite de Córdoba terminée, c'est le retour dans la capitale. Pour nos quatre derniers jours, nous avons logé chez Alexandra, une amie allemande rencontrée à l'occasion de nos cours d'espagnol des deux premier mois à Buenos Aires. C'est d'ailleurs à elle que nous avions confié nos bagages en trop avant de partir à l'aventure dans le pays. Nous sommes arrivés chez Alexandra le jour même où celle-ci emménageait dans son nouvel appartement, en plein cœur du très branché quartier de Palermo. Nous avons retrouvé nos choses intactes, bien gardées chez une amie d'Alexandra à l'extérieur du centre-ville.
Ces derniers jours à Buenos Aires furent pour nous une ultime occasion de profiter de la belle ville qu'est la capitale, de magasiner quelques souvenirs et, surtout, de nous familiariser avec nos amis les animaux du zoo. En effet, les nouveaux quartiers d'Alexandra étaient situés au 11e étage d'un bâtiment directement à côté du Zoologico de Buenos Aires, ce qui nous permettait, à partir du balcon de l'appartement, d'apercevoir plusieurs animaux. Afin de bien connaître nos nouveaux voisins, nous nous sommes procurés dès notre arrivée une carte du zoo. Cette dernière nous a permis de constater que les lions, les éléphants et les singes étaient juste devant nous, mais que les girafes, en dépit de leur long cou étaient trop loin et trop cachées par les arbres pour que nous puissions les voir.
Aussi, notre retour anticipé en ville avait une raison bien précise. Avant notre départ, nous avions acheté des billets pour l'opéra français Manon au nouvellement rénové Teatro Col
ón. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'expérience fut décevante. À 40 pesos par billet, nous croyions avoir des places respectables. Or, c'était tout le contraire. Tout d'abord, nous nous sommes fait rabroués à l'entrée principale puisqu'avec les billets que nous possédions, nous devions pénétrer le fameux théâtre par le côté... Finalement, nos sièges étaient situés au 5e étage, sur le côté, dans la deuxième rangée. Pour pouvoir apercevoir la scène, il fallait se lever et se pencher vers l'avant sur la balustrade. Pas très confortable. Bref, tout était en place pour que nous tombions endormis au cours du second acte, comme ce fut d'ailleurs le cas... Enfin, nous avons quand même pu admirer l'intérieur du théâtre, qui est, par ailleurs, vraiment magnifique. Heureusement, nous nous sommes rattrapés au niveau culturel le lendemain lorsque nous avons assisté à un spectacle de cirque interactif tout fait formidable.
Puis, le jour venu, nous avons fait nos adieux à Alexandra, à Buenos Aires et à l'Argentine. Hasta luego!


Véhicule dans lequel nous avons fait la majeure partie du trajet Cordoba/Buenos Aires. Nous devions nous arrêter à toutes les 1/2 heures pour rajouter de l'eau dans le radiateur...



Notre chère hôte Alexandra avec les lions en arrière-plan


Appartement d'Alexandra, avec notre bordel en premier-plan


Vue de la ville à partir de l'appartement d'Alexandra


Zoologico de Buenos Aires


Vue de nos "sièges" au célèbre Teatro Colon

[...]

C'est ainsi que s'est achevé notre périple en Argentine. Gabrielle et moi nous sommes jurés d'y revenir un jour, ne serait-ce que pour aller à Mendoza. J'ai pu constater que ce pays est magnifique, même si je n'en ai vu qu'une infime partie. Nous avons rencontré des gens formidables. Vraiment, ce premier contact avec l'Amérique du Sud m'a donné le goût d'en savoir plus sur ce monde parallèle au nôtre. Au cours des prochaines années, j'ai la certitudes que de belles choses se dérouleront dans cette zone du monde.
Je tiens aussi à mentionner que le site Couchsurfing nous a été d'une grande aide et nous a permis de rencontrer beaucoup de gens, Argentins et étrangers.
Aussi, ce voyage m'a fait réaliser à quel point nous sommes privilégiés de vivre où nous vivons. En dépit de la situation actuelle, les Canadiens ont une excellente réputation à l'étranger. Nous devrions en être fiers, mais en même temps, tout au long du voyage, il nous était très difficile de nous auto-assimiler en tant que Canadiens. Nous étions toujours pris entre la nécessité de reconnaissance, et le besoin de nous affirmer en tant que Québécois, avec notre langue et culture distincte que ne représente pas du tout le terme canadien. Même après 4 mois, nous étions toujours embêtés lorsqu'on nous demandait: ¿De donde son? Que répondre à cette question à des gens qui connaissent à peine le Canada? Je crois que ce problème identitaire perdurera tant et aussi longtemps que nous ne serons pas une nation forte, fière, et qui n'a pas peur de s'affirmer en tant que tel.
Les voyages forment la jeunesse. C'est vrai. En quatre mois j'ai énormément appris, que ce soit la langue espagnole (même si je ne la maîtrise pas parfaitement) ou la culture de l'Argentine et de l'Amérique du Sud. Je me suis fait de précieux contacts et, surtout, j'ai bâti des amitiés que j'espère sincèrement pouvoir préserver. J'ai appris à me débrouiller dans des situations difficiles et même hostiles, le tout avec des moyens très limités. Finalement, et c'est je crois un des aspects les plus importants de ce voyage, j'ai eu la confirmation que je partage ma vie avec quelqu'un d'absolument formidable. Je t'aime Gabrielle.
Merci à vous tous de nous avoir lu. Nous avons particulièrement apprécié les quelques commentaires qui ont ponctué nos messages. C'était vraiment un plaisir de rédiger ce blog, jusqu'à la toute fin. Patricia et Frédéric, j'espère avoir réussi à vous remémorer de bons souvenirs.
Je vous invite tous, particulièrement les membres les plus jeunes de ma famille proche, à voyager, à découvrir le monde. J'espère que ce blog vous aura donné le goût de le faire. Que du bien peut en découler. Pour ma part (et Gabrielle aussi), outre les nombreux voyages Québec/Rivière-Ouelle/Saint-Eustache qui nous attendent cet automne, nos études nous mèneront probablement à Paris l'hiver prochain. Peut-être que ce sera l'occasion d'un autre blog, cette fois avec un titre un peu plus original?

¡Hasta la vista, amigos!

Alejandro y Gabriella

dimanche 4 juillet 2010

Massa Crítica

Bonjour à tous,
La belle température des derniers jours nous a donné un petit aperçu de ce à quoi pourrait ressembler Buenos Aires en été. Dans Puerto Madero, sur le bord de la réserve écologique, les porteños étaient très nombreux à profiter de la chaleur et du soleil. Certains dansaient, d'autres dégustaient un choripan, mais la plupart étaient occupés à siroter un maté. Bref, l'atmosphère détendue de cette fin de semaine détonnait clairement avec ce à quoi nous étions habitués dans cette ville de plus de 10 millions d'habitants. La défaite de l'équipe nationale au Mondial y était peut-être pour quelque chose...
Nous avons aussi eu la chance de participer à un événement cycliste mensuel plus qu'intéressant. Une collègue de classe nous a invités à prendre part à un rassemblement d'adeptes du vélo qui a lieu chaque premier dimanche du mois. À cette occasion, quelques centaines de personnes se rencontrent sur l'avenue 9 de juillet, devant l'Obélisque. Pour une des premières fois depuis que je suis à Buenos Aires, j'avais devant moi une masse de gens différents, anti-conformistes, hippies. En fait, je me sentais un peu comme aux tam-tams, sur le Mont-Royal un dimanche après-midi d'été.

Les filles et leurs bécanes

Point de ralliement autour de l'Obélisque

"Bike lift" avant le départ

Arriver à cet endroit en selle n'allait pas de soi pour des touristes comme nous. Nous avons tout d'abord tenté de louer des vélos dans un magasin à quelques minutes de chez nous. Inutile, rien n'était plus disponible à cette heure et à cette température. Nous avons donc entrepris de marcher vers Puerto Madero, un lieu très prisé par les touristes. À cet endroit, nous avons finalement trouvé des vélos disponibles pour une location. C'était moins cher qu'à l'autre endroit, mais nos montures étaient tout, sauf de qualité. Mes deux roues étaient voilées, et celle de derrière frottait sur le cadre. Inutile d'essayer de changer les vitesses. Gabrielle a héritée d'une bécane qui avait la particularité de faire beaucoup de bruit (et ce n'était pas un bruit de clochette). Bref, c'était parfait pour la «Massa Crítica». http://vimeo.com/12435026

Nous avons donc déambulé dans les rues de Buenos Aires au milieu d'un groupe assez hétéroclite. C'était très spécial de pédaler en plein milieu de l'avenue 9 de juillet, une des rues les plus larges au monde, sans se soucier des voitures et des feux de circulation. Nous étions quelques centaines de cyclistes à se promener à travers les rues de cette ville que je croyais entièrement dédiée aux automobiles. Cet événement est tout à la fois un mouvement de sensibilisation et un rassemblement festif de cyclophiles. C'est un Tour de l'Île périodique et inorganisé qui fait enrager les automobilistes souvent obligés d'attendre que le groupe de vélos ait terminé de passer pour pouvoir réintégrer la circulation normale

Nous avons découvert sur notre chemin du retour que Buenos Aires possède un réseau intéressant de pistes cyclables, qui a été mis en place au cours des deux dernières années. Les routes sont bétonnées (et non seulement recouvertes de macadam). Le seul hic, c'est que souvent, la piste cyclable a remplacé un trottoir existant. Donc, la voie est principalement empruntée par des piétons. De ce que j'ai vu, le réseau s'étend dans tout le centre-ville, et est comparable à celui de Montréal (donc incomparable avec le réseau inexistant de Québec). Décidément, le vélo est une excellente façon de découvrir une ville. Plus efficace et moins fatiguant que la marche, il permet une plus grande liberté que les transports en communs traditionnels.
En faisant quelques recherches, j'ai découvert que la «Massa Crítica» est un événement qui a lieu dans plusieurs villes à travers le monde dont Montréal. Comme quoi il faut parfois voyager pour mieux découvrir son propre coin de pays!



En rafale: Avant que la Coupe du monde ne se termine, je tiens seulement à mentionner que Maradona avant promis de courir nu autour de l'Obélisque si l'Argentine gagnait la Coupe. Aussi, Pepsi a fait une campagne de publicité où la compagnie s'engageait à enlever les étiquettes de ses bouteilles pendant une semaine si le sélectionneur tenait son pari. Too bad!

mercredi 30 juin 2010

Le début de la fin, l'arrivée d'un début

Boludos, Boludas,
Notre périple à Buenos Aires tire à sa fin. Le stage de Gabrielle s'est terminé cette semaine. Nos cours d'espagnol, pour leur part, prendront fin cette semaine avec nos examens oraux et écrits. Oui, des examens! Nous avons été surpris de l'apprendre, mais après réflexion, nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il est bien normal pour une institution comme la UBA d'exiger l'excellence, même de la part des étudiants étrangers.

Je vous avertis, il sera encore, en partie question, de foot dans ce billet. Gabrielle m'a fait remarquer, avec raison, que je parle toujours de sport dans notre blog; au début du mon périple c'était les Canadiens en séries, maintenant c'est l'équipe de l'Argentine à la Coupe du monde. Que voulez-vous? Un gars, ça parle de sports, car des fois, ça ne sait pas parler d'autre chose...

Eh bien oui, c'est maintenant terminé pour l'Argentine à la Coupe du monde. Il ne reste qu'une seule équipe américaine: l'Uruguay. Quelle chance, nous prévoyons justement débuter notre voyage dans ce pays. Nous aurons donc une deuxième chance de nous trouver dans le pays de l'équipe championne...

Jusqu'à maintenant, nous avons visionné toutes les parties de l'Albiceleste à des endroits différents. Nous sommes allés dans quelques cafés à l'ambiance survoltée. Une autre fois, nous étions à la Plaza San Martin (écran géant dans un parc public), mais cette dernière était beaucoup trop bondée. Finalement, lors de la dernière joute, un élève de Gabrielle nous a invités à l'appartement de sa copine, qui habite dans une résidence universitaire, c'était génial! En discutant avec un collègue de classe, nous avons eu vent d'une curieuse façon de procéder pour le visionnement des matchs. Nous avons demandé à notre camarade s'il voulait écouter la prochaine partie avec nous. Il nous a répondu que c'était impossible puisqu'il devait absolument écouter le match chez un ami argentin. Ce dernier est très superstitieux. Lors du premier match de la sélection en Afrique du Sud, quelques amis ont été invités chez lui pour voir le match. Puis, pour les autres parties, aucune nouvelle personne n'était admise et si un des membres originels avait la malchance de ne pas se présenter à un des matchs subséquents, il n'était derechef, plus admis par la suite.


Outre le foot, nous avons récemment participé à un autre événement sportif, cette fois-ci beaucoup moins barbare. Après presque 2 mois dans la capitale, nous nous sommes finalement décidés à visiter une milonga. Ce sont dans ces lieux, qui sont en fait des bars, que les habitants de la capitale dansent le tango, la célèbre danse argentine. De ce que nous avons vu, les milongas sont très populaires, autant pour les jeunes que les vieux. Ceux qui nous connaissent savent que ni Gabrielle ni moi (surtout moi) avons la fibre dansante dans nos gènes (quoique mes parents sont de très bons danseurs). Après un court cours, nous avons assisté à notre première soirée de tango argentin. Cette danse est très difficile car elle demande une grande symbiose entre les partenaires. Il paraît même que le tango constitue une véritable thérapie de couple. Eh bien voilà, nous avons fait notre petite thérapie avant notre départ de la capitale.

Nous ne nous sommes pas encore arrêtés sur un itinéraire précis de voyage. En fait, nous prévoyons faire du pouce, alors il faut s'attendre à quelques détours. Voici ce à quoi ça pourrait ressembler: nous voulons débuter par nous rendre à Montevideo en Uruguay via un des nombreux traversiers du rio de la Plata. Puis, nous reviendrons en Argentine par la voie terrestre et nous nous dirigerons vers le nord-est jusque dans la province de Misiones pour voir les chutes d'Iguazu, que nous avons finalement décidé d'inclure à notre itinéraire (même si on en a aussi des chutes au Canada!!) Ensuite, direction nord-ouest jusqu'au parc national Salar de Uyuni en Bolivie. Après, retour vers le Sud pour visiter les régions de Salta et Jujuy. Finalement, direction Buenos Aires en passant par Mendoza (et ses vignobles), Cordoba et Rosario. Tout ceci n'est encore qu'une esquisse, on s'attend bien sûr à quelques imprévus sur la route! Qu'en pensez-vous, d'autres suggestions?

À bientôt,


lundi 14 juin 2010

Jour de match

Chers lecteurs, lectrices,
Ça y est! La coupe du monde a bel été bien débuté. Samedi matin, nous avons assisté à la première partie de l'Argentine, contre le Nigéria. Initialement, nous voulions aller écouter le match dans un des deux espaces publics aménagés par le gouvernement, à la Plaza San-Martin ou au Parque del Centenario. Finalement, il pleuvait à sieaux ce matin-là, et nous avons plutôt opté pour un bon vieux café comme lieu de visionnement.
Nous étions une dizaine de personnes à écouter le match à cet endroit. Après le premier premier but, des ouvriers d'un chantier devant notre café ont traversé la rue en courant pour venir visionner l'exploit de leur équipe nationale. Mis à part ces braves gens, les rues de Buenos Aires étaient complètement vides. La capitale se transforme en ville fantôme le temps d'un match. Finalement, l'Albiceleste l'a emporté par la marque de 1-0. Tout au long de la partie, le sélectionneur et l'entraîneur de l'équipe argentine Diego Maradona semblait très énervé sur les lignes de côté. Il prenait même la peine de ramasser et de donner aux joueurs le ballon lorsque ce dernier sortait des lignes. Certains ont même dit que la légende du foot va finir par arracher le chandail d'un des joueurs et embarquer sur le terrain.
La prochaine partie de l'Argentine est jeudi le 17 juin, à 8h30. Ce matin-là Gabrielle a été avertie que ce n'est pas vraiment nécessaire de se présenter à l'école puisque les classes seront vraisemblablement vides. Les patrons d'entreprises, qui savent bien que pour les fans les matchs sont plus importants que le travail, tentent par toutes sortes de façons d'encourager la présence au travail des employés. Dans certains milieux de travail, on distribue gratuitement, les jours de match, des croissants, du café, des empanadas, des sandwichs ainsi que des fanions, foulards, drapeaux et trompettes aux travailleurs. Et ces récompenses sont bonifiées si l'équipe nationale gagne la partie. Plusieurs commerces ont aussi fait l'acquisition de télévisons et d'écrans géants pour ne pas que leurs employés ratent les parties.
De mon côté, j'ai choisi ma nouvelle équipe fétiche et, à l'instar de certaines personnes, je suis confiant que l'équipe nationale ira loin! Vamos Argentina!
Bonne journée tous,

mercredi 9 juin 2010

A smell of gas in the UBA

Bonjour,
Revirement inattendu aujourd'hui dans notre cours d'espagnol. Après environ une heure de leçons, la classe a été interrompue car une forte odeur de gaz a soudainement envahi les locaux. Il faut vous expliquer que l'an dernier, l'université s'est doté d'un système de chauffage tout neuf, mais que malgré cette installation, il n'y a pas encore de chauffage dans la bâtisse. Plutôt, il semble qu'au lieu d'aller dans les calorifères pour brûler et produire de la chaleur, le gaz erre dans les locaux décrépis de la UBA. La semaine dernière, la même situation s'est produite et l'école a préféré de pas avertir les professeurs et les élèves. Toutefois, incommodés par les effluves nocives, certains professeurs ont décidé d'aller terminer leurs classes dans les bars environnants. Gabrielle a aussi entendu parler d'une pétition des profs et des élèves pour que la direction agisse pour définitivement faire cesser ces fuites. Il faut aussi mentionner qu'il fait très froid dans les locaux et qu'un environnement chauffé serait plus propice à l'apprentissage. Mais bon, il demeure que tout ceci n'est qu'une question d'argent...

Un aperçu de notre classe

Parlant d'argent, il y a beaucoup de vendeurs itinérants ici. Dans le métro, et encore plus dans les trains de banlieue, on se fait sans cesse soliciter pour n'importe quoi: des bas, des auto-collants, des gommes, des élastiques pour les cheveux, des étuis à CD, des effigies religieuses, des cubes Rubik, des lampes de poche, des crochets à suce, des CD et DVD, des mouchoirs, des thermomètres, etc. Une tactique de vente particulièrement efficace pour ces gens est de passer dans le wagon et de distribuer un quelconque produit à tous les passagers (même à ceux qui dorment) avec le prix inscrit dessus. Puis, le vendeur revient quelques minutes plus tard pour reprendre ses biens. Les gens intéressés peuvent alors payer et garder le produit convoité. Bien sûr, certains types d'objets sont mieux adaptées à ce genre de stratégie de vente que d'autres, comme par exemple les bonbons ou les élastiques pour les cheveux. D'autres fois, nous avons droit à une démonstration en direct du produit. C'est entre autre le cas pour les crochets à suce que le vendeur itinérant colle un peu partout dans le wagon. Il paraîtrait que toutes ces réseaux de vente sont chapeautés par le crime organisé, qui décide qui vend quoi et où.
À tout ceci s'ajoute d'autres types de sollicitation plus ou moins classique: mendiants, chanteurs aveugles, anciens militaires, musiciens, etc. Concernant ce dernier, fait à noter, les gens applaudissent à la fin d'une prestation musicale. L'autre jour, nous avons eu le droit à un véritable concert dans le métro, de la part d'un joueur d'harmonica et d'un violoniste. Une autre fois, c'était un guitariste qui trimbalait son ampli sur roues à travers les wagons. Il y a aussi des chanteurs, qui parfois hurlent littéralement.
En somme, s'il y a autant de vendeurs et de solliciteurs de toutes sortes dans la ville, c'est parce que ça fonctionne! Nous avons remarqué que beaucoup de gens achètent ou donnent de l'argent. Il faut dire que les biens proposés sont toujours moins chers qu'en magasin. En effet, pourquoi prendre la peine de perdre son temps à magasiner, par exemple, des bas, lorsqu'on a qu'à attendre qu'ils viennent à nous dans les transports en commun? Pour ma part, la prochaine fois que je tombe sur un vendeur d'autocollants Spider-Man, j'achète!
Un abrazo,

dimanche 6 juin 2010

Camping au Tigre

Chers camarades,
C'est à partir de ma nouvelle chambre pour le prochain mois que j'écris ce billet. En effet, au terme d'une semaine et d'une fin de semaine plutôt remplies, nous avons déménagé notre siège social dans un autre quartier de la ville: San Telmo.
La façade de notre nouveau bloc appartement

Vitrine d'un cordonnier

Boucher au marché de San Telmo

Notre nouveau "café/resto/bar/salle d'étude" préféré

La semaine passée fut notre première semaine complète de cours (4 jours). Bien sûr, c'est très peu si l'on compare à une semaine de cours à l'université, encore moins si l'on compare avec l'école du Barreau, mais quand même. Au moins, nous avons vraiment l'impression de progresser.
D'autre part, avec l'aide du site Couchsurfing, nous avons pris contact avec plusieurs Argentins intéressés à nous rencontrer et à «échanger» du français pour de l'espagnol. Ainsi, je suis allé prendre un verre avec un Porteño lundi passé. Gabrielle, en sa qualité de future professeure de français, a été particulièrement sollicitée. Elle a conclu des ententes avec deux personnes pour des cours à une fréquence d'une ou deux fois semaine. Gabrielle me faisait remarquer à quel point c'est facile de trouver un emploi n'importe où dans le monde lorsque que l'on parle plusieurs langues. Puis, nous avons eu notre première rencontre commune samedi soir, lorsque nous avons rejoint un certain Nahuel chez un de ses amis (un Australien), à son appartement. Pour s'y rendre, nous avons utilisé le métro jusqu'à la station Constitución dont l'environnement immédiat est parsemé ce que l'on pourrait appeler "lieux de luxure". Bref, nous avons finalement passé la soirée à picoler sur la Plaza Dorrego, à rencontrer la faune urbaine et à visiter tous les bars entourant cette place sans jamais rien n'y consommer!
D'autre part, cette fin de semaine fut aussi l'occasion pour nous de tenter notre première expérience de camping argentin. Vendredi matin, pour un prix dérisoire (1,50 peso), nous avons pris un train en direction de Tigre.
Gare de Retiro

Une fois arrivés dans cette banlieue de Buenos Aires (après un trajet d'environ 50 minutes) nous avons acheté quelques victuailles et nous sommes montés à bord d'un «bateau-autobus». Le delta du Rio del Plata, qui entoure la ville de Tigre est parsemé de nombreuses îles où des centaines de personnes ont construit des habitations que l'on pourrait comparer à des chalets. Bien sûr, il y a aussi de nombreux terrains de campings. C'est d'ailleurs sur l'un d'eux que nous sommes allés gîter.
À l'origine, nous avions pour plan de tenter de trouver un terrain quelconque sur le bord de l'eau pour monter notre tente. Finalement, ce scénario s'est avéré impossible puisque nous devions indiquer une destination exacte au capitaine du bateau. De plus, une fois débarqués au quai de la destination en question, il nous était impossible de nous déplacer d'une île à l'autre, voire même de nous déplacer au sein de l'île.
Notre camping était très tranquille, puisque nous étions un soir de semaine, dans la basse-saison. En fait, nous étions les seuls campeurs ce soir-là.

Camping Luz y Fuerza

Le lendemain matin, nous avons repris le bateau-taxi. Tout au long du trajet d'une trentaine de minutes, ce dernier s'arrêtait à différents quais pour embarquer d'autres personnes au même titre que le ferait un autobus de ville. Bref, le chauffeur de bateau maniait très habilement la barre à roue. La circulation dans les canaux était très dense. D'ailleurs, durant la nuit, nous avons constamment entendu le bruit des bateaux. Mais bon, c'était quand même moins bruyant que la circulation automobile à laquelle nous sommes habitués dans la ville et cela nous a permis de respirer l'air frais de la "campagne". Une expérience intéressante!
À bientôt,

Bateau-autobus (lancha)

Intérieur de la lancha

Station-service pour bateaux

lundi 31 mai 2010

Routine BsAs

Bonjour à toutes et à tous,
Cela fait déjà quelques jours que je n'ai pas écrit dans ce blog. Ce n'est pas par manque de temps, au contraire. C'est plutôt parce qu'il ne s'est pas passé grand chose dans notre petite vie de touristes. Après les grandes découvertes des premiers jours et les célébrations de la fête nationale, nous avons atteints une certaine stabilité; la routine s'est installée. Je suis en train de devenir un grand consommateur de maté. Gabrielle se magazine un manteau de cuir argentin.
D'un autre côté, nous commençons à rencontrer des gens du pays et des expatriés qui l'habitent temporairement comme nous. Les découvertes sont plus subtiles, mais elles sont autant sinon plus intéressantes. Il faut par contre spécifier que toutes les rencontres ne sont pas nécessairement agréables. Hier, alors que nous étions assis dans un parc, une vieille dame nous a amarré. En anglais, elle nous répétait sans cesse qu'il faut absolument quitter l'Amérique et aller vivre dans les pays Arabes. L'Amérique, l'Europe c'est du pareil au même. Elle a rit de nous lorsqu'on lui a dit que nous sommes en Argentine pour apprendre l'espagnol. Selon elle, il faut aller en Espagne pour apprendre cette langue. Bref, cette rencontre nous a laissé perplexes, peut-être parce qu'il y a un fond de vérité dans ce qu'elle nous racontait. À voir les McDo, Burger King, Starbucks remplis à craquer et les pubs de Coca-Cola à tous les coins de rue, c'est vrai que c'est un peu partout pareil...
Nous avons finalement déniché un appartement pour notre second mois à Buenos Aires. Même si la visite d'appartements est une des activités favorites de Gabrielle, je suis très content, après d'innombrables recherches d'avoir enfin trouvé. Après 4 semaines en périphérie, nous serons beaucoup plus près du centre ville. Je tiens aussi à spécifier que notre problème d'eau chaude est réglé depuis longtemps. Il ne s'agit donc définitivement pas d'une des raisons de notre déménagement. Fini, donc, les balades quotidiennes dans le métro surbondé. Par contre, ce sera aussi la fin des pizzas à 6 pesos et du 1/2 kilo de crème glacée à 16 pesos au coin de la rue (c'est peut-être une bonne chose). Nous serons dans notre propre appartement (plus question de vivre avec le propriétaire) que nous partagerons avec un États-Unien. Vous aurez sans doute la chance d'en apprendre d'avantage sur notre nouveau quartier et notre nouvelle demeure une fois que nous y serons.

Finalement, voici quelques photos pêle-mêle.


Parilla dans le quartier de Puerto Madero


Gauchos profitant du soleil au jardin botanique


Planétarium de BsAs. On dirait une tête d'extraterrestre!?


Pop-corn sur roues


Promeneur de chiens au centre-ville


C'est l'automne à BsAs

Un abrazo,

mercredi 26 mai 2010

Célébrations de Colón

Chers camarades,
Les célébrations de la fête nationale de l'Argentine battent leur plein depuis quelques jours. Sur les lieux des festivités, des dizaines de milliers de personnes marchent dans tous les sens, assistent à un des nombreux spectacles ou font la file pour acheter un choripan (saucisse graisseuse dans un pain, excellent snack budget).
Hier après-midi, la partie de soccer amicale entre le Canada et l'Argentine, dont je vous avais déjà parlé, était retransmise en direct sur les nombreux écrans géants du site. Évidemment, la troupe de Diego Maradonna n'a fait qu'une bouchée des Canadiens: le match s'est terminé 5 à 0 pour les Argentins. J'ai l'impression que ce massacre faisait littéralement partie du spectacle. En effet, quoi de plus agréable pour la plèbe que de voir l'équipe de son sport national remporter une victoire éclatante le jour de la fête de la nation? Le seul hic, c'est que la chair à canon de cet événement provenait de mon pays. Si j'avais eu un peu de canadian proudness en moi, j'aurais sûrement été froissé par cette situation. Au contraire j'ai trouvé cette humiliante défaite très drôle. De toute façon, en guise de consolation, on a qu'à penser à l'issue d'un match de hockey Canada-Argentine... Bref, cet événement nous a donné un petit avant-goût du Mondial qui arrive à grands pas.

Match sur écran géant et partisans

Ensuite, nous avons assisté au spectacle d'ouverture du Teatro Colón. Nous avons bien fait d'arriver tôt car il y avait beaucoup, beaucoup de monde. Nous avons réussi à nous placer stratégiquement à une quinzaine de mètres de la scène. La foule était extrêmement dense; nous pouvions à peine bouger. Malgré cela, devant nous, un homme avait apporté avec lui son chien miniature (un pog) dans ses bras pour assister au spectacle. Les Argentins sont vraiment fous des chiens.

La foule extrêmement dense sur l'avenue 9 de Julio

Le spectacle était très bon. En bref, il s'agissait surtout d'une projection multimédia sur la façade du théâtre retraçant l'historique de cet édifice centenaire (il a été inauguré le 25 mai 1910). De plus, des acteurs complétaient le spectacle sur la scène.
À un moment, un pianiste était sur scène (représentant un célèbre musicien que je ne connais pas). Sur la façade, nous pouvions voir une projection de ses doigts sur les touches de l'instrument. Parfois, le musicien s'arrêtait pour écrire sur une feuille. Ce mouvement d'écriture était aussi représenté sur la façade. Cette technique, ainsi que le spectacle en général, nous était familière pour l'avoir vue à plusieurs reprises dans des œuvres de Robert Lepage. Nous ne serions donc pas étonnés que la compagnie de cet artiste québécois (Ex Machina) soit derrière ce spectacle grandiose.
À la fin, l'hymne national argentin a été entonné. C'était un moment fort. Des dizaines de drapeaux volaient dans la foule et autour de nous, certains gens pleuraient d'émotion.

Une fois le spectacle terminé, nous avons tenté, en bons Argentins d'adoption, d'acheter une ou deux bouteilles de vin afin de célébrer adéquatement cet anniversaire mémorable. Nous avons beaucoup cherché, mais à 22h30, il nous a été impossible de trouver un dépanneur ouvert. Partout où nous allions, les gens faisaient la file pour acheter du Coca Cola. Nous avons remarqué que d'une façon générale, les Argentins ne sont pas de grands consommateurs d'alcool. La fête nationale nous est apparue comme une célébration très formelle et encadrée, rien à voir avec la beuverie qu'est la St-Jean Baptiste. Pour trouver de l'alcool à une heure tardive, il faut aller dans un des très nombreux restos ouverts. Du moins, c'est la solution que nous avons trouvée...

El Cabildo illuminé: ancienne mairie de Buenos Aires
érigée en 1608.

El Puente de la Mujer: pont piétonnier rotatif.

Au revoir,

dimanche 23 mai 2010

Visites, visites

Bonjour à toutes et à tous,
Je profite de ce dimanche matin tranquille pour vous raconter les événements marquants des derniers jours pour nous, Québécois à Buenos Aires.
Vendredi, nous avons visité le célèbre quartier de la Boca. C'est de cet endroit que proviennent les populaires images de maisons en tôles aux multiples couleurs vives. C'est aussi dans ce quartier qu'est située le légendaire Club Atletico Boca Juniors, ancien club de Diego Maradona. L'endroit est extrêmement touristique, à un point tel que tout semble faux. Les 5-6 rues colorées de ce quartier sont très belles, mais on se fait harceler sans cesse par des vendeurs, des restaurateurs, des danseurs de tango ou des mendiants. Outre ces quelques rues revampées, le quartier est, et a historiquement toujours été un lieu pauvre, propre à l'agitation sociale. Lors de notre visite, il y avait une grande présence policière. C'est probablement ce curieux mélange entre pauvreté et richesse qui nous a agacé. Mais bon c'était quand même quelque chose à voir.

Maisons de tôle de la Boca

Stade de la Boca: la Bombera

Graffiti à l'effigie de Maradona

Aspirants champions à la Boca

Les célébrations du bicentenaire de l'indépendance du pays ont bel et bien débuté. Pour l'occasion, une portion considérable de l'avenue 9 de juillet (environ 12 voies dans chaque direction) a été transformée en gigantesque espace piétonnier, avec plusieurs scènes de spectacles.
Une des scènes sur l'avenue du 9 de juillet

Avant d'aller vers le centre des célébrations, nous sommes partis à la recherche d'un certain bar sportif où le match du CH serait peut-être diffusé. Une fois arrivés au bar en question, nous sommes heureux d'apprendre que le match #4 de la série Montréal/Philadelphie est présenté. Par contre, nous devons nous contenter d'un seul écran de télévision, au fond du bar et sans son. Il y avait un match important de soccer cet après-midi et l'endroit était investi d'amateurs de ce sport. En Argentine, c'est sans aucun doute le soccer qui a le dessus. Mais bon, des images sans son, c'est mieux que pas d'images du tout. Nous étions 9 partisans de la LNH, 6 si on exclut les 3 blondes qui n'en avaient rien à cirer de ce match. Philadelphie avait un fan alors que les autres mâles présents se rangeaient de mon côté (dont 3 Québécois). Bref, l'ambiance était ailleurs, la partie était ennuyante, mais l'expérience fut tout de même intéressante.
Puis, direction l'Obélisque pour les festivités du Bicentenario. En arrivant, nous avons pu assister à un interminable défilé militaire mettant en vedette des habits de toutes époques. L'endroit était littéralement bondé. Ces festivités me faisaient un peu penser aux événements principaux du festival de jazz de Montréal, où le spectacle est intéressant mais où il y a beaucoup trop de monde.
Après avoir parcouru le site, nous avons rejoint un Équatorien vivant à Buenos Aires depuis 4 ans que Gabrielle a rencontré dans le cadre de son stage. Ce dernier, Santiago, est très intéressé à venir étudier au Québec l'an prochain. Nous sommes allés prendre un verre à la Plaza Dorrengo, dans le quartier de San Telmo. Ce fut une excellente occasion d'échanger ouvertement sur notre pays, et sur celui que nous visitons.
À bientôt,

Non loin d'Acoyte

Alexandro fraîchement débarqué.

Vino tinto