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mercredi 9 juin 2010

A smell of gas in the UBA

Bonjour,
Revirement inattendu aujourd'hui dans notre cours d'espagnol. Après environ une heure de leçons, la classe a été interrompue car une forte odeur de gaz a soudainement envahi les locaux. Il faut vous expliquer que l'an dernier, l'université s'est doté d'un système de chauffage tout neuf, mais que malgré cette installation, il n'y a pas encore de chauffage dans la bâtisse. Plutôt, il semble qu'au lieu d'aller dans les calorifères pour brûler et produire de la chaleur, le gaz erre dans les locaux décrépis de la UBA. La semaine dernière, la même situation s'est produite et l'école a préféré de pas avertir les professeurs et les élèves. Toutefois, incommodés par les effluves nocives, certains professeurs ont décidé d'aller terminer leurs classes dans les bars environnants. Gabrielle a aussi entendu parler d'une pétition des profs et des élèves pour que la direction agisse pour définitivement faire cesser ces fuites. Il faut aussi mentionner qu'il fait très froid dans les locaux et qu'un environnement chauffé serait plus propice à l'apprentissage. Mais bon, il demeure que tout ceci n'est qu'une question d'argent...

Un aperçu de notre classe

Parlant d'argent, il y a beaucoup de vendeurs itinérants ici. Dans le métro, et encore plus dans les trains de banlieue, on se fait sans cesse soliciter pour n'importe quoi: des bas, des auto-collants, des gommes, des élastiques pour les cheveux, des étuis à CD, des effigies religieuses, des cubes Rubik, des lampes de poche, des crochets à suce, des CD et DVD, des mouchoirs, des thermomètres, etc. Une tactique de vente particulièrement efficace pour ces gens est de passer dans le wagon et de distribuer un quelconque produit à tous les passagers (même à ceux qui dorment) avec le prix inscrit dessus. Puis, le vendeur revient quelques minutes plus tard pour reprendre ses biens. Les gens intéressés peuvent alors payer et garder le produit convoité. Bien sûr, certains types d'objets sont mieux adaptées à ce genre de stratégie de vente que d'autres, comme par exemple les bonbons ou les élastiques pour les cheveux. D'autres fois, nous avons droit à une démonstration en direct du produit. C'est entre autre le cas pour les crochets à suce que le vendeur itinérant colle un peu partout dans le wagon. Il paraîtrait que toutes ces réseaux de vente sont chapeautés par le crime organisé, qui décide qui vend quoi et où.
À tout ceci s'ajoute d'autres types de sollicitation plus ou moins classique: mendiants, chanteurs aveugles, anciens militaires, musiciens, etc. Concernant ce dernier, fait à noter, les gens applaudissent à la fin d'une prestation musicale. L'autre jour, nous avons eu le droit à un véritable concert dans le métro, de la part d'un joueur d'harmonica et d'un violoniste. Une autre fois, c'était un guitariste qui trimbalait son ampli sur roues à travers les wagons. Il y a aussi des chanteurs, qui parfois hurlent littéralement.
En somme, s'il y a autant de vendeurs et de solliciteurs de toutes sortes dans la ville, c'est parce que ça fonctionne! Nous avons remarqué que beaucoup de gens achètent ou donnent de l'argent. Il faut dire que les biens proposés sont toujours moins chers qu'en magasin. En effet, pourquoi prendre la peine de perdre son temps à magasiner, par exemple, des bas, lorsqu'on a qu'à attendre qu'ils viennent à nous dans les transports en commun? Pour ma part, la prochaine fois que je tombe sur un vendeur d'autocollants Spider-Man, j'achète!
Un abrazo,

lundi 17 mai 2010

Voyage dans le temps

Chers lecteurs,
C'est aujourd'hui que Gabrielle a débuté son stage. Il faut dire que ce moment était attendu avec une certaine appréhension. C'est bien normal, qui n'est pas anxieux à sa première journée de travail ou d'école? Rassurez-vous, tout a très bien été. Les francophiles des deux classes avec lesquelles Gabrielle est jumelée étaient absolument ravis d'avoir en leur sein une authentique Canadienne d'expression française d'Amérique du Nord. La France est bien sûr le principal point de référence dans l'apprentissage du français hors-Québec (et même au Québec?). Il est donc intéressant pour ces personnes de réaliser que la francophonie est aussi présente sur leur propre continent, bien que la majorité d'entre eux soient déjà bien au courant.
Dans une discussion où il était question de gastronomie française, Gabrielle s'est fait demander quelles sont les spécialités québécoises. Elle a hésité un instant en pensant à la poutine et au pâté chinois (devrait-on vraiment être fiers de ces deux plats mous?), et finalement, elle a expliqué que notre cuisine traditionnelle est surtout constituée de viandes sauvages, de plats mijotés (ragoût, tourtière), de patates pilées et de carottes. Même en réfléchissant, j'avoue que j'ai de la difficulté à expliquer précisément de quoi est constituée notre cuisine québécoise. Devrais-je mieux connaître ma culture avant de tenter d'en découvrir d'autres?
L'après-midi de cette journée devait donner lieu à une seconde première, commune à nous deux cette fois. À 14h00 nous avions notre premier cours d'espagnol, dans le même édifice où Gabrielle effectue son stage. Faux départ. Le cours introductif a été annulé pour une raison obscure, puisque nos maigres connaissances en espagnol ne nous ont pas permis de bien comprendre l'explication de la responsable.
Avec ce temps libre inattendu, nous avons décidé d'aller à la découverte de la célèbre ligne A du métro de Buenos Aires. Le réseau de métro de Buenos Aires comprend 8 lignes, qui convergent presque toutes au centre de la ville. Le métro n'est donc pas un moyen de transport efficace pour se déplacer en périphérie à partir de la périphérie puisqu'il faut souvent aller au centre pour changer de ligne (il faut plutôt utiliser l'autobus pour ce type de déplacements). Le nombre total de stations est comparable à celui du métro de Montréal, ce qui est plutôt surprenant pour une ville de plus de 10 millions d'habitants. Par contre, plusieurs projets d'agrandissement sont en cours ou sur le point de débuter. Le coût du billet est de 1,10 pesos (30 cents), un vrai bargain! On peut acheter une carte magnétique et y transférer de l'argent. Après plusieurs essais infructueux, nous avons finalement été capables de mettre la main ces fameuses cartes.
La ligne A du métro de Buenos Aires a été construite en 1913, ce qui en fait la plus ancienne d'Amérique du Sud (et de l'hémisphère sud). L'intérêt de cette ligne est que les trains d'origine y roulent toujours. L'intérieur des wagons est entièrement en bois (qui dégage une odeur très agréable), et on y retrouve plusieurs éléments décoratifs d'une autre époque. Dans le train de tête, on peut voir vers l'avant, comme si nous étions le chauffeur. Le trajet est cahoteux (c'est normal, ces trains ont près de 100 ans). Certaines portes s'ouvrent ou se ferment bien avant l'arrêt ou le départ. L'intensité de l'éclairage varie au moindre soubresaut, ce qui donne aussi une ambiance spéciale. Gabrielle a bien résumé notre trajet: «c'est un mélange entre le Monstre et la Maison hantée à la Ronde». Par contre, les vieux trains de la ligne A seront bientôt remplacés, lorsque la construction de deux nouvelles stations sera complétée d'ici quelques mois. Les trains du Métro de Montréal, qui sont parmi les plus vieux au monde vont-ils aussi atteindre 100 ans d'âge? J'espère que oui!


Notre station de métro: Malabia

Intérieur d'un wagon de la ligne A

Passagers sur la ligne A

Wagons de métro de la ligne C


Ciao à tous,

Non loin d'Acoyte

Alexandro fraîchement débarqué.

Vino tinto