Affichage des articles dont le libellé est Soccer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Soccer. Afficher tous les articles

dimanche 20 juin 2010

Coke et autres abus

Hola todos,
Aca en Buenos Aires, vivimos la locura del mundial. En todos los lugares y en todos los medios de comunicación, hablan de fútbol. Puede ser que es porque tengo mucho tiempo libre, pero nunca he escuchado tanto de partidos de este deportes. La semana pasada en nuestra clase de español, uno de nuestros compañeros, un primo francés, se levanto de su silla a las 3:20. Él dijo a la profesora que debía partir porque tenía una cita al médico. Ahora bien, la hora de su salida correspondía exactamente con el debuto del partido entre Francia y México. Me gusta a pensar que la Francia se castigo para esta mentira.
Eh bien oui, c'est la folie du foot ici. On pourrait même dire que les Argentins sont «accros au foot», de la même façon que les Québécois et les Canadiens sont «accros au hockey». À l'instar de chez nous, le sport national a remplacé la religion catholique romaine en tant qu'«opium du peuple». En fait, j'ai cru remarquer qu'ici, l'amour du foot est encore plus généralisé que dans notre société. Je n'ai d'ailleurs encore rencontré personne qui déteste le soccer.

Écrans géants installés par la ville diffusant tous les matchs du Mondial.

Or, il me semble que le foot ne soit pas la pas la seule chose à laquelle la société argentine soit accro. Tout d'abord, comme je l'avais mentionné dans un billet précédent, les Argentins sont dépendants du Coca-Cola. Ici, tout le monde boit de cette boisson toxique: dans la rue, au resto, au travail, à l'école, et en très grande quantité. Dans les marchés, il existe même des formats géants de trois litres. Lors de sa première journée à l'université, Gabrielle, a rencontré la coordonnatrice des professeurs de français de la UBA, pour discuter de la forme que prendrait son stage. Une fois assise dans son bureau, Victoria, la coordonnatrice, s'est empressée de sortir une bonne bouteille de Coke froid, qu'elle a sirotée tout au long de l'entretien. C'est étrange, mais le fait qu'un supérieur boive de la "liqueur noire" et t'en offre une gorgée, détend considérablement l'atmosphère lors d'une première rencontre.
Aussi, j'ai découvert cette semaine que les Argentins se concoctent une boisson alcoolisée à base de Coke (et ce n'est pas du Rhum and Coke). En effet, la fin de semaine dernière, nous avons assisté à un modeste spectacle de punk, où nous avons remarqué que plusieurs personnes buvaient, à même une bouteille de plastique de Coke tranchée en deux, un liquide d'une composition douteuse. Cet élixir, dont la popularité pourrait l'élever au titre de boisson nationale, est un mélange de Coke, de glaçons et de Fernet Branca, un apéritif italien très amer. À ce que l'on dit, son goût s'apparente à celui d'un médicament aux herbes.

Fernet-Branca

J'ai même entendu dire que l'Argentine est le pays d'Amérique du Sud où l'on consomme le plus de Coca-Cola. Bien sûr, on pourrait aussi dire que les Québécois sont accros aux boissons gazeuses (le Québec est d'ailleurs l'un des seuls endroits dans le monde où le Pepsi a une plus grande part de marché que le Coke).
Les Argentins sont aussi accros au maté, au bœuf et aux cigarettes, mais tout ça, c'est une autre histoire...

***

Au cours des dernières semaines, j'ai tenté d'en apprendre un peu plus sur l'histoire récente de l'Argentine. Jusqu'à maintenant, je n'ai eu que quelques bribes d'informations de la part des gens sur la crise économique de 2001 et encore moins sur la dictature militaire de 1976 à 1983. Gabrielle et moi avons écouté El secreto de sus ojos. Ce film argentin, gagnant d'un Oscar, nous a fait découvrir plusieurs choses sur la période précédant l'arrivée au pouvoir des militaires.
Dans un cours, une de nos professeurs nous a mentionné que durant l'époque trouble entourant la crise économique, il était presque impossible de donner les cours parce qu'il y avait constamment de bruyantes manifestations sur l'avenue 25 de Mayo sur laquelle se trouve l'école de langues. D'autre part, Diana, notre ancienne hôte, nous a avoué qu'elle avait commencé à accueillir des étrangers dans sa maison au tournant des années 2001 lorsqu'elle a perdu son emploi de designer industriel. À cette époque, une quantité croissante de touristes venaient visiter l'Argentine pour profiter des taux de change extrêmement avantageux. Certains propriétaires ont donc été en mesure de profiter de cette conjoncture favorable au sein d'une situation économique désastreuse. Enfin, un étudiant de Gabrielle lui a confié qu'à l'époque de la crise économique, des avocats, des architectes et des professeurs se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans la rue à vendre du jus d'orange ou d'autres babioles parce qu'ils avaient perdu leurs emplois. Ce même étudiant a perdu 20 000$ d'un seul coup en raison de la dévaluation du peso argentin.
Concernant la dictature militaire, j'ai remarqué que notre cahier d'exercices du cours d'espagnol fait mention à un endroit des desaparecidos, les victimes de la dictature militaire. On a d'ailleurs estimé à 30 000 le nombre de disparus au cours de cette période sombre et récente de l'histoire du pays.
Nous avons aussi vu et entendu parler a plusieurs reprises des Madres de Plaza de Mayo, une organisation formée par les mères des disparus qui réclament justice de la part du gouvernement.

"Les mères" sur la Plaza de Mayo où elles effectuent hebdomadairement des marches et où elles sensibilisent la population à la cause des "desaparecidos".

"El pañuelo", emblème de l'organisation des Madres, peint sur le sol de la plaza de Mayo.

De façon générale, je trouve qu'il est assez difficile d'aborder directement ce sujet avec les Argentins. Plusieurs sont trop jeunes pour avoir vécu sous la dictature, mais cette dernière a sans aucun doute laissé des traces encore très visibles dans la société. La crise économique a effrité tout ce qui pouvait rester de confiance de la population envers la classe politique actuelle, alors que d'anciens personnages (tel qu'Evita Peron) continuent de marquer l'imaginaire collectif. D'une façon générale, je crois que les Argentins gardent une cicatrice profonde de l'histoire des dernières décennies. Je crois d'ailleurs que la méfiance générale des Porteños envers les gens qu'ils ne connaissent pas n'est pas étrangère aux événements récents.
Je vous passe le salut, à tous.

mercredi 26 mai 2010

Célébrations de Colón

Chers camarades,
Les célébrations de la fête nationale de l'Argentine battent leur plein depuis quelques jours. Sur les lieux des festivités, des dizaines de milliers de personnes marchent dans tous les sens, assistent à un des nombreux spectacles ou font la file pour acheter un choripan (saucisse graisseuse dans un pain, excellent snack budget).
Hier après-midi, la partie de soccer amicale entre le Canada et l'Argentine, dont je vous avais déjà parlé, était retransmise en direct sur les nombreux écrans géants du site. Évidemment, la troupe de Diego Maradonna n'a fait qu'une bouchée des Canadiens: le match s'est terminé 5 à 0 pour les Argentins. J'ai l'impression que ce massacre faisait littéralement partie du spectacle. En effet, quoi de plus agréable pour la plèbe que de voir l'équipe de son sport national remporter une victoire éclatante le jour de la fête de la nation? Le seul hic, c'est que la chair à canon de cet événement provenait de mon pays. Si j'avais eu un peu de canadian proudness en moi, j'aurais sûrement été froissé par cette situation. Au contraire j'ai trouvé cette humiliante défaite très drôle. De toute façon, en guise de consolation, on a qu'à penser à l'issue d'un match de hockey Canada-Argentine... Bref, cet événement nous a donné un petit avant-goût du Mondial qui arrive à grands pas.

Match sur écran géant et partisans

Ensuite, nous avons assisté au spectacle d'ouverture du Teatro Colón. Nous avons bien fait d'arriver tôt car il y avait beaucoup, beaucoup de monde. Nous avons réussi à nous placer stratégiquement à une quinzaine de mètres de la scène. La foule était extrêmement dense; nous pouvions à peine bouger. Malgré cela, devant nous, un homme avait apporté avec lui son chien miniature (un pog) dans ses bras pour assister au spectacle. Les Argentins sont vraiment fous des chiens.

La foule extrêmement dense sur l'avenue 9 de Julio

Le spectacle était très bon. En bref, il s'agissait surtout d'une projection multimédia sur la façade du théâtre retraçant l'historique de cet édifice centenaire (il a été inauguré le 25 mai 1910). De plus, des acteurs complétaient le spectacle sur la scène.
À un moment, un pianiste était sur scène (représentant un célèbre musicien que je ne connais pas). Sur la façade, nous pouvions voir une projection de ses doigts sur les touches de l'instrument. Parfois, le musicien s'arrêtait pour écrire sur une feuille. Ce mouvement d'écriture était aussi représenté sur la façade. Cette technique, ainsi que le spectacle en général, nous était familière pour l'avoir vue à plusieurs reprises dans des œuvres de Robert Lepage. Nous ne serions donc pas étonnés que la compagnie de cet artiste québécois (Ex Machina) soit derrière ce spectacle grandiose.
À la fin, l'hymne national argentin a été entonné. C'était un moment fort. Des dizaines de drapeaux volaient dans la foule et autour de nous, certains gens pleuraient d'émotion.

Une fois le spectacle terminé, nous avons tenté, en bons Argentins d'adoption, d'acheter une ou deux bouteilles de vin afin de célébrer adéquatement cet anniversaire mémorable. Nous avons beaucoup cherché, mais à 22h30, il nous a été impossible de trouver un dépanneur ouvert. Partout où nous allions, les gens faisaient la file pour acheter du Coca Cola. Nous avons remarqué que d'une façon générale, les Argentins ne sont pas de grands consommateurs d'alcool. La fête nationale nous est apparue comme une célébration très formelle et encadrée, rien à voir avec la beuverie qu'est la St-Jean Baptiste. Pour trouver de l'alcool à une heure tardive, il faut aller dans un des très nombreux restos ouverts. Du moins, c'est la solution que nous avons trouvée...

El Cabildo illuminé: ancienne mairie de Buenos Aires
érigée en 1608.

El Puente de la Mujer: pont piétonnier rotatif.

Au revoir,


Non loin d'Acoyte

Alexandro fraîchement débarqué.

Vino tinto