Aca en Buenos Aires, vivimos la locura del mundial. En todos los lugares y en todos los medios de comunicación, hablan de fútbol. Puede ser que es porque tengo mucho tiempo libre, pero nunca he escuchado tanto de partidos de este deportes. La semana pasada en nuestra clase de español, uno de nuestros compañeros, un primo francés, se levanto de su silla a las 3:20. Él dijo a la profesora que debía partir porque tenía una cita al médico. Ahora bien, la hora de su salida correspondía exactamente con el debuto del partido entre Francia y México. Me gusta a pensar que la Francia se castigo para esta mentira.
Eh bien oui, c'est la folie du foot ici. On pourrait même dire que les Argentins sont «accros au foot», de la même façon que les Québécois et les Canadiens sont «accros au hockey». À l'instar de chez nous, le sport national a remplacé la religion catholique romaine en tant qu'«opium du peuple». En fait, j'ai cru remarquer qu'ici, l'amour du foot est encore plus généralisé que dans notre société. Je n'ai d'ailleurs encore rencontré personne qui déteste le soccer.
Écrans géants installés par la ville diffusant tous les matchs du Mondial.
Or, il me semble que le foot ne soit pas la pas la seule chose à laquelle la société argentine soit accro. Tout d'abord, comme je l'avais mentionné dans un billet précédent, les Argentins sont dépendants du Coca-Cola. Ici, tout le monde boit de cette boisson toxique: dans la rue, au resto, au travail, à l'école, et en très grande quantité. Dans les marchés, il existe même des formats géants de trois litres. Lors de sa première journée à l'université, Gabrielle, a rencontré la coordonnatrice des professeurs de français de la UBA, pour discuter de la forme que prendrait son stage. Une fois assise dans son bureau, Victoria, la coordonnatrice, s'est empressée de sortir une bonne bouteille de Coke froid, qu'elle a sirotée tout au long de l'entretien. C'est étrange, mais le fait qu'un supérieur boive de la "liqueur noire" et t'en offre une gorgée, détend considérablement l'atmosphère lors d'une première rencontre.
Aussi, j'ai découvert cette semaine que les Argentins se concoctent une boisson alcoolisée à base de Coke (et ce n'est pas du Rhum and Coke). En effet, la fin de semaine dernière, nous avons assisté à un modeste spectacle de punk, où nous avons remarqué que plusieurs personnes buvaient, à même une bouteille de plastique de Coke tranchée en deux, un liquide d'une composition douteuse. Cet élixir, dont la popularité pourrait l'élever au titre de boisson nationale, est un mélange de Coke, de glaçons et de Fernet Branca, un apéritif italien très amer. À ce que l'on dit, son goût s'apparente à celui d'un médicament aux herbes.
J'ai même entendu dire que l'Argentine est le pays d'Amérique du Sud où l'on consomme le plus de Coca-Cola. Bien sûr, on pourrait aussi dire que les Québécois sont accros aux boissons gazeuses (le Québec est d'ailleurs l'un des seuls endroits dans le monde où le Pepsi a une plus grande part de marché que le Coke).
Les Argentins sont aussi accros au maté, au bœuf et aux cigarettes, mais tout ça, c'est une autre histoire...
***
Au cours des dernières semaines, j'ai tenté d'en apprendre un peu plus sur l'histoire récente de l'Argentine. Jusqu'à maintenant, je n'ai eu que quelques bribes d'informations de la part des gens sur la crise économique de 2001 et encore moins sur la dictature militaire de 1976 à 1983. Gabrielle et moi avons écouté El secreto de sus ojos. Ce film argentin, gagnant d'un Oscar, nous a fait découvrir plusieurs choses sur la période précédant l'arrivée au pouvoir des militaires.
Dans un cours, une de nos professeurs nous a mentionné que durant l'époque trouble entourant la crise économique, il était presque impossible de donner les cours parce qu'il y avait constamment de bruyantes manifestations sur l'avenue 25 de Mayo sur laquelle se trouve l'école de langues. D'autre part, Diana, notre ancienne hôte, nous a avoué qu'elle avait commencé à accueillir des étrangers dans sa maison au tournant des années 2001 lorsqu'elle a perdu son emploi de designer industriel. À cette époque, une quantité croissante de touristes venaient visiter l'Argentine pour profiter des taux de change extrêmement avantageux. Certains propriétaires ont donc été en mesure de profiter de cette conjoncture favorable au sein d'une situation économique désastreuse. Enfin, un étudiant de Gabrielle lui a confié qu'à l'époque de la crise économique, des avocats, des architectes et des professeurs se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans la rue à vendre du jus d'orange ou d'autres babioles parce qu'ils avaient perdu leurs emplois. Ce même étudiant a perdu 20 000$ d'un seul coup en raison de la dévaluation du peso argentin.
Concernant la dictature militaire, j'ai remarqué que notre cahier d'exercices du cours d'espagnol fait mention à un endroit des desaparecidos, les victimes de la dictature militaire. On a d'ailleurs estimé à 30 000 le nombre de disparus au cours de cette période sombre et récente de l'histoire du pays.
Nous avons aussi vu et entendu parler a plusieurs reprises des Madres de Plaza de Mayo, une organisation formée par les mères des disparus qui réclament justice de la part du gouvernement.
"Les mères" sur la Plaza de Mayo où elles effectuent hebdomadairement des marches et où elles sensibilisent la population à la cause des "desaparecidos".
"El pañuelo", emblème de l'organisation des Madres, peint sur le sol de la plaza de Mayo.
De façon générale, je trouve qu'il est assez difficile d'aborder directement ce sujet avec les Argentins. Plusieurs sont trop jeunes pour avoir vécu sous la dictature, mais cette dernière a sans aucun doute laissé des traces encore très visibles dans la société. La crise économique a effrité tout ce qui pouvait rester de confiance de la population envers la classe politique actuelle, alors que d'anciens personnages (tel qu'Evita Peron) continuent de marquer l'imaginaire collectif. D'une façon générale, je crois que les Argentins gardent une cicatrice profonde de l'histoire des dernières décennies. Je crois d'ailleurs que la méfiance générale des Porteños envers les gens qu'ils ne connaissent pas n'est pas étrangère aux événements récents.
Je vous passe le salut, à tous.
Je vous passe le salut, à tous.




Très beau blog Alex, je trouve que le Super Pancho ressemble étrangement à un hot-dog. Bon appetit !
RépondreSupprimerGuillaume